418 événementsDe par son architecture atypique, un ovni en céramique blanche posé au cœur d'un jardin de sculptures, son origine, la passion dévorante d'un homme, Gilbert Delaine, pour l'art de son temps, et la spécificité de ses collections, entièrement consacrées à l'art en France dans les années 1950-1980, le LAAC est un lieu hors normes.
Conçu à la fin des années 1970 dans l'esprit des Maisons de la Culture comme un lieu ouvert et vivant, propice à des rencontres inédites entre ses collections et les arts vivants, érigé à proximité du cœur industriel de la cité, dans une volonté de le rendre accessible à tous, et plus particulièrement aux ouvriers des chantiers navals, il reflète les utopies «!des années 68!».
Il était donc tout à fait naturel de réinscrire les collections du LAAC dans l'esprit de leur temps en vous replongeant dans le tumulte politique de l'époque (luttes anti-apartheid, mouvements de protestation contre la guerre du Vietnam, événements de mai 68, révolution culturelle et petit Livre rouge...), et dans
l'effervescence sociale et culturelle qui la caractérisait (émancipation de la femme, libération sexuelle, apogée de la société de consommation, Beat Generation, Flower Power,...).
Dans cette optique, les espaces d'exposition du LAAC seront dévolus, une année durant, à l'exploration des « années 68 » ; ils proposeront une approche transversale de cette période où les œuvres de la collection côtoieront des affiches, des photographies documentaires, des journaux et magazines, des pochettes de disques, du mobilier, des objets usuels dans une ambiance de musique yéyé, jazz, reggae, rock ou encore psychédélique...
L'exposition prendra appui sur des œuvres emblématiques de la collection! telles : Car Crash (1963) d'Andy Warhol, métaphore sinistre de!la société de consommation et de sa faillite annoncée!; Inclusion de robinets (ca 1964) d'Arman et Valise Expansion de César (1970), manipulations poétiques et critiques autour d'objets du
quotidien!; Les Demoiselles inaltérables (1965) de Peter Klasen, âpre dénonciation de l'utilisation du corps de la femme par la publicité!; Allen Ginsberg (1968), portrait iconique du chantre de la Beat Generation par Bernard Rancillac; Correspondance de Ben ou Musée de Ben (1972), œuvre dans laquelle l'artiste se joue du pouvoir
politique, intellectuel et culturel!; Magnéto (1974), peinture de la série «!Poussières d'étoiles!» de Robert Malaval, exaltant la libération de toute entrave sociale ; Perchoir : la bête bourgeoise (1980), collage tardif d'Hervé
Télémaque reprenant avec virulence l'affiche originale du film de Luis Buñuel, Le Charme discret de la bourgeoisie (1972) ou encore La Tempérance (1982) sculpture de Niki de Saint-Phalle, exutoire de la violence de la condition féminine.
L'exposition sera enrichie de Skool of hard nocks (1971) de Peter Saul, œuvre grinçante et satirique dénonçant l'apartheid, dépôt de longue durée du FRAC Nord-Pas de Calais, et de l'apport de prêts
d'institutions ou de collectionneurs tels l'œuvre Kennedy, Johnson, Nixon et le lieutenant Calley sur le chemin de My-Lay (1971) de Bernard Rancillac du LAM Lille métropole.
Elle sera rythmée de temps forts : présentation
d'affiches de l'Atelier des Beaux-Arts de Mai 68, de pochettes de disques vinyle, d'œuvres psychédéliques de Robert Malaval, de mobilier design de l'époque ; création par un jeune artiste
contemporain, dans une salle du musée, d'une installation autour d'objets usuels des années 1960 confiés par des habitants ou des collectionneurs ; coups de projecteur sur des mouvements artistiques de l'époque : art minimal et art conceptuel, BMPT,Support/Surface, Op Art.
Tarifs :
- Entrée individuelle: 4,50 euros
- Tarif réduit: 3 euros
- Tarif 18-25 ans: 1,50 euros
- Gratuit pour les moins de 18 ans
- Pour tous chaque premier dimanche du mois